Municipales à L’Isle-sur-la-Sorgue : une commune face à des enjeux multiples

Publié le 27 janvier 2026 à 17:35

À l’approche des élections municipales, la commune de L’Isle-sur-la-Sorgue traverse une période charnière

Quatre listes en présence

Pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2026, quatre listes sont aujourd’hui identifiées dans le débat local :

  • Pierre Gonzalvez DVD/Renaissance, maire sortant, élu en 2020

  • Christian Montagard, candidat soutenu par RN/UDR.

  • Romain Dufaud, candidat sans étiquette.

  • Christophe Baudet, tête de liste de l’Union de la gauche écologiste.

 

 

Des enjeux locaux au cœur de la campagne

 

Finances communales : contraintes et arbitrages :

La situation financière de la commune constitue un point central du débat municipal.

L’encours de la dette est estimé à 40 892 440 €, soit environ 1 998 € par habitant. La capacité de désendettement est évaluée à 8,6 années, à comparer à une moyenne nationale d’environ 5,5 années pour les communes de même strate.

À cela s’ajoute un contexte national marqué par la baisse progressive des dotations de l’État, réduisant les marges de manœuvre financières des collectivités locales.

 

 

Équipements publics et choix budgétaires

Dans ce contexte contraint, la municipalité a procédé à la cession de la piscine municipale à l’Intercommunalité des Pays des Sorgues.
Cette décision a entraîné la perte d’une source de revenus directs pour la commune.

Sur la question fiscale locale, il est important de noter que les taux de taxe foncière votés par le conseil municipal pour 2025 sont restés stables par rapport à l’année précédente, et que la commune n’a pas augmenté ses taux d’imposition depuis 2014, malgré la pression budgétaire et l’inflation. Cela signifie que toute progression éventuelle du montant payé par un propriétaire est due à la revalorisation de la base cadastrale par l’État, et non à une hausse des taux municipaux.



 

Des projets structurants engagés

Malgré des marges de manœuvre financières limitées, plusieurs projets structurants ont été engagés par la municipalité, en s’appuyant largement sur des financements externes :

  • le réaménagement du secteur Rose Goudard, pour environ 723 000 €, financé en grande partie grâce à des subventions européennes,

  • la plaine sportive de Saint-Gervais (secteur hippodrome), pour un montant d’environ 840 000 €, visant à renforcer l’offre d’équipements sportifs,

  • le projet de cinéma et de réhabilitation de l’îlot de la Tour d’Argent, en cœur de centre-ville, avec un coût prévisionnel d’environ 3,4 millions d’euros HT pour la partie cinéma.

 

Sur ce dernier projet, la majorité de l’investissement ne repose pas uniquement sur la commune :

  • une part significative est assurée par l’exploitant privé du cinéma (équipements techniques et participation aux travaux),

  • des subventions publiques, notamment de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, sont mobilisées (environ 30 % des investissements selon les données disponibles),

  • la commune intervient principalement comme maître d’ouvrage et facilitateur, dans une logique de requalification du centre ancien et de dynamisation culturelle.

Toutefois, certains de ces équipements, notamment la plaine sportive de Saint-Gervais, font l’objet de critiques sur leur accessibilité, liées à la configuration des axes routiers et à l’absence de desserte en transports scolaires ou publics, limitant leur usage pour une partie de la population.

Logement, pouvoir d’achat et conditions de vie

La question du logement constitue un enjeu central pour les habitants.
À L’Isle-sur-la-Sorgue, les loyers se situent en moyenne autour de 14 € par m², avec des studios entre 350 € et 450 €, des T2 autour de 600 à 750 €, et des loyers pouvant dépasser 850 à 900 € pour des logements plus grands.

 

L’offre locative apparaît limitée, avec peu d’annonces disponibles à un instant donné, laissant apparaître une tension entre l’offre et la demande, sans qu’il existe de statistique publique officielle permettant de la mesurer précisément à l’échelle communale.

 

À cela s’ajoutent des préoccupations croissantes concernant l’état du parc de logements, notamment dans le logement social.
Des retours d’enquêtes de terrain et de témoignages d’habitants font état de logements insuffisamment entretenus, voire présentant des situations d’insalubrité, contribuant à une dégradation des conditions de vie pour certains ménages.

Il convient de préciser qu’aucune étude publique consolidée récente n’est disponible pour quantifier précisément l’ampleur de ces situations ; ces constats reposent sur des observations de terrain.

Commerces, stationnement, mobilité et attractivité

Le centre-ville repose sur un tissu commercial dense, avec plus de 300 commerces, majoritairement indépendants, participant à l’attractivité touristique et économique de la commune.

La mise en place d’un nouveau plan de stationnement depuis 2024 (extension du stationnement payant, abonnements résidents, plages de gratuité) visait à favoriser la rotation et la fréquentation.
Toutefois, plusieurs commerçants évoquent une baisse d’activité en 2025, qu’ils relient aux conditions de stationnement et à l’évolution des habitudes de fréquentation.
Aucune donnée chiffrée officielle consolidée n’est disponible à ce jour pour mesurer précisément cette baisse à l’échelle communale.

Au-delà de la question du stationnement, des retours d’enquêtes de terrain font également état d’un sentiment d’isolement chez certaines personnes âgées ou en situation de handicap, ne disposant pas de moyen de locomotion.
Ces habitants indiquent rencontrer des difficultés pour se rendre dans les grandes surfaces ou en centre-ville pour effectuer leurs courses, en raison de l’absence de navettes ou de solutions de transport adaptées dans certains secteurs de la commune.
Cette situation est perçue comme un facteur renforçant l’isolement des seniors, et pose plus largement la question de la mobilité inclusive et de l’accès aux services du quotidien.

Voirie, espaces publics et cadre de vie

L’état de la voirie communale fait l’objet de critiques récurrentes issues de retours d’enquêtes de terrain et de témoignages d’habitants.
Ces remontées évoquent des chaussées dégradées, des trottoirs endommagés et des besoins d’entretien différés, dans un contexte budgétaire contraint.

L’entretien des espaces verts est également cité comme un point d’insatisfaction par une partie de la population.
Il n’existe pas, à ce jour, d’audit technique public récent permettant d’objectiver ces constats.

Sécurité : une préoccupation devenue majeure

Dans une commune d’environ 20 000 habitants, la sécurité est devenue un enjeu central.

En 2024, entre 863 et 947 crimes et délits ont été recensés, soit 43 à 47 infractions pour 1 000 habitants.
Ces chiffres font écho à plusieurs faits marquants : points de deal évoqués dans certains quartiers, fusillade suivie d’un enlèvement en juin 2022 à Rebenas, cambriolage de l’EHPAD le 7 janvier 2026, braquages à la voiture-bélier à l’été 2025, ainsi qu’à l’absence de forces de police entre minuit et 7 h du matin.

Urbanisme et choix d’aménagement : un débat sensible

La délivrance d’un permis de construire pour une école coranique (mosquée), au cœur de la ville destinée à accueillir jusqu’à 500 personnes, suscite également de nombreux débats.

Si cette autorisation relève du droit de l’urbanisme et de la liberté de culte, elle interroge sur les enjeux de circulation, de stationnement, de sécurité et d’équilibre urbain.
La loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République prévoit des mécanismes de contrôle par l’État concernant la conformité des enseignements et prêches aux valeurs républicaines.




À l’approche du scrutin, les enjeux les plus cruciaux de la commune, finances, cadre de vie, sécurité, logement, mobilité et attractivité s’annoncent comme le cœur du débat politique. Ils seront âprement disputés par des candidats aux trajectoires et aux ambitions différentes : certains avec l’objectif de reconquérir la mairie, d’autres avec la volonté d’y accéder pour la première fois.

Dans un contexte local marqué par des attentes fortes et parfois divergentes, chaque projet, chaque proposition et chaque positionnement pèsera. Mais à ce stade, une chose demeure certaine : le dénouement appartient aux électeurs.
Le verdict final reste, pour l’heure, dans le secret des urnes.

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